Le secteur de l’immobilier, en crise depuis plusieurs mois, était l’un des dossiers les plus attendus de ce Projet de Loi de Finances (PLF) 2026. Entre incitations à la rénovation et nouvelles contraintes fiscales, le gouvernement tente de relancer la construction tout en serrant la vis sur certains avantages.
Voici le décryptage des mesures qui vont impacter les propriétaires, les locataires et les investisseurs cette année.
1. Rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ fait peau neuve
L’enveloppe consacrée à la transition écologique reste stable, mais les règles du jeu changent pour plus d’efficacité :
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Ciblage sur le « Mono-geste » : Contrairement aux années précédentes, le gouvernement réautorise davantage d’aides pour les travaux isolés (changement de chaudière, isolation des combles) afin de ne pas bloquer les ménages ne pouvant pas financer une rénovation globale.
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Lutte contre la fraude : Les contrôles sur les chantiers sont renforcés, avec des sanctions plus lourdes pour les entreprises labellisées RGE ne respectant pas les normes.
2. Investissement locatif : La fin d’une ère et de nouveaux sursis
Le paysage de l’investissement privé est en pleine mutation :
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Le sort du Pinel : Comme prévu, le dispositif Pinel a tiré sa révérence. Pour compenser, le gouvernement introduit un « sursis fiscal » pour les programmes engagés avant fin 2025.
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Meublés touristiques (type Airbnb) : La fiscalité se durcit encore. L’abattement forfaitaire pour les locations de courte durée est désormais aligné sur celui de la location nue (30 %) dans les zones tendues, afin de favoriser la location longue durée pour les résidents permanents.
3. Accès à la propriété : Le PTZ généralisé ?
C’est la grande annonce pour les primo-accédants :
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Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) pour tous : Face à la difficulté d’accès au crédit, le PLF 2026 acte l’extension du PTZ sur tout le territoire (et non plus seulement en zones tendues) pour l’achat d’un logement neuf ou ancien avec travaux.
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Quotité de financement : La part du projet finançable par le PTZ est maintenue à son niveau de 2025, permettant de solvabiliser des milliers de dossiers auparavant refusés par les banques.
4. Fiscalité locale et droits de mutation
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Taxe foncière : Après des hausses records en 2024 et 2025, la revalorisation des valeurs locatives est limitée à 1,1 % pour 2026, suivant l’inflation.
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Droits d’enregistrement (frais de notaire) : Pour donner de l’air aux départements, ces derniers sont autorisés à relever légèrement leur part des droits de mutation (jusqu’à 0,5 point supplémentaire) sur les transactions de résidences secondaires uniquement.