Le 6 juillet 2026 marque un tournant important pour les professionnels de l’immobilier. Un nouveau décret refond le contrat-type de location et apporte des modifications significatives, notamment concernant la clause résolutoire. Si vous rédigez des baux ou gérez des propriétés locatives, voici ce que vous devez savoir.
Qu’est-ce qui change ?
Le gouvernement a décidé de moderniser le contrat-type en révisant en profondeur ses dispositions. Le changement majeur concerne la clause résolutoire — celle qui permet au bailleur de résilier le bail.
La grande question : automaticité ou contrôle du juge ?
Avant cette réforme, la clause résolutoire fonctionnait souvent de manière quasi-automatique. Désormais, le nouveau cadre introduit un débat fondamental : faut-il laisser fonctionner la résolution du bail automatiquement, ou faut-il que le juge garde un contrôle sur son exécution ?
Cette distinction n’est pas mineure. Elle impacte directement :
La rapidité des procédures : l’automaticité accélère la résolution du bail
La protection du locataire : l’intervention du juge offre plus de garde-fous
La flexibilité contractuelle : selon votre position (bailleur/locataire), vos préférences divergeront
Pour les bailleurs
Si vous êtes propriétaire ou gestionnaire immobilier, comprendre cette nouvelle clause est crucial. Le nouveau contrat-type vous propose potentiellement plus de certitude dans la résolution des baux en cas de défaillance du locataire — mais à quel prix en termes de délais judiciaires ?
Il faudra bien lire les clauses et éventuellement adapter votre stratégie contractuelle selon :
Votre profil de locataires (professionnels vs particuliers)
La localisation et le type de bien
Vos priorités (vitesse vs sécurité juridique)
Pour les locataires
De votre côté, si vous louez un bien, c’est une bonne nouvelle : le contrôle judiciaire offre une meilleure protection en cas de litige. Le juge pourra vérifier que la résolution du bail est justifiée et proportionnée.
Restez vigilant sur les autres modifications
Le nouveau contrat-type ne se limite pas à la clause résolutoire. D’autres dispositions ont pu être révisées. Il est fortement recommandé de :
Consulter le texte intégral du décret auprès des sources officielles
Vous rapprocher d’un juriste immobilier pour une analyse personnalisée
Mettre à jour vos modèles de contrats si vous utilisez des templates
Former votre équipe aux nouvelles pratiques
Où trouver l’information officielle ?
Pour approfondir, la source fiable est Village Justice, un média spécialisé en droit qui couvre régulièrement les évolutions législatives immobilières. Consultez directement le décret du 6 juillet 2026 sur des bases de données juridiques officielles (Légifrance, etc.).
Décision majeure de la 3e Chambre civile de la Cour de cassation (4 juin 2026)
Le contexte juridique
La non-décence d’un logement est une violation grave du contrat de bail. Le Code civil impose au bailleur une obligation de garantir que le logement soit conforme aux normes d’habitabilité : chauffage, électricité fonctionnelle, absence d’infiltration, etc.
Jusqu’à présent, certains bailleurs tentaient d’utiliser les congés pour travaux pour résoudre les défauts de décence. Ils notifiaient un congé au locataire, l’expulsaient, réalisaient les travaux nécessaires, puis proposaient un nouveau bail ou revenaient à la location.
Le revirement de la Cour de cassation
La décision du 4 juin 2026 met fin à cette pratique abusive : un congé pour travaux ne peut pas être invoqué par le bailleur s’il connaissait déjà l’état de non-décence du logement au moment de la signature du bail.
Cette jurisprudence pose un principe simple mais fondamental : on ne peut pas utiliser une procédure de congé pour corriger ses propres obligations contractuelles non respectées dès le départ.
Enjeux pratiques pour les bailleurs
Cette décision renforce la sécurité juridique des locataires et impose aux bailleurs une véritable obligation de diligence :
Vérifier l’état du logement avant la signature du bail
Réaliser les travaux de mise en conformité avant la location, et non après
Documenter les certificats de conformité et diagnostics immobiliers
Assumer les conséquences d’un bail signé en toute connaissance de cause sur un bien non-décent
Impact pour les locataires
Les locataires bénéficient d’une meilleure protection :
Ils ne peuvent plus être expulsés facilement sous prétexte de travaux si le bailleur connaissait les défauts
Ils renforcent leur position pour exiger des travaux ou une réduction de loyer
En cas de congé abusif fondé sur des travaux, ils disposent d’un recours clair
Limite importante : les défauts découverts après
Cette jurisprudence concerne spécifiquement les défauts connus à la signature du bail. Elle ne remet pas en question le droit du bailleur d’invoquer un congé pour travaux si des défauts apparaissent ultérieurement (vices cachés par exemple, ou travaux structurels nécessaires).
Recommandations pour les professionnels de l’immobilier
Si tu gères des biens en location :
Audit préalable systématique : visite d’inspection, diagnostic technique, vérification de la décence
Mise aux normes avant la location : ne pas reporter les travaux obligatoires
Documentation : conserver les preuves que le bien était conforme lors de la signature
Prudence avec les congés : s’assurer que les motifs invoqués n’étaient pas prévisibles à la signature
Conclusion
Cette décision du 4 juin 2026 rappelle que le droit du bail d’habitation française protège fortement les locataires. Le bailleur ne peut pas profiter de l’asymétrie d’information pour louer un logement défectueux, puis l’expulser pour réaliser les travaux qu’il aurait dû faire avant de louer.
C’est une bonne nouvelle pour l’équité contractuelle dans le secteur locatif.
Besoin d’aide pour interpréter cette décision dans un dossier spécifique ? Contactez votre Welogeur.
Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 fait beaucoup parler de lui depuis sa publication au Journal officiel. Pourtant, à y regarder de près, ce texte n’invente rien. Il consolide dans le contrat type de location des réformes législatives déjà votées entre 2023 et 2024, en modifiant le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 et le livre VIII du code de la construction et de l’habitation. Pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu n’est donc pas de découvrir de nouvelles règles, mais d’intégrer dans leurs modèles de bail des obligations qui existaient déjà, sous une forme dispersée, dans la loi.
La clause résolutoire de plein droit devient un standard contractuel
Première évolution concrète : la clause résolutoire de plein droit, rendue obligatoire par la loi du 27 juillet 2023, s’impose désormais comme un élément type du contrat de location. Concrètement, elle permet la résiliation automatique du bail en cas de non-paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie, six semaines après une mise en demeure restée sans effet.
Le point de vigilance pour les praticiens : cette clause a beau être qualifiée « de plein droit », la jurisprudence récente de la troisième chambre civile de la Cour de cassation montre qu’elle n’a jamais fonctionné de façon purement automatique. Les juges continuent d’exercer un contrôle sur les conditions de sa mise en œuvre — régularité de la mise en demeure, délais respectés, bonne foi des parties. Autrement dit, inscrire la clause dans le contrat type ne dispense personne de respecter scrupuleusement la procédure. C’est même l’inverse : plus la clause est standardisée, plus les bailleurs et gestionnaires doivent être rigoureux sur sa mise en œuvre, faute de quoi elle sera écartée par le juge.
La servitude de résidence principale entre dans le bail
Deuxième nouveauté : la servitude de résidence principale, instituée par la loi du 19 novembre 2024, est désormais traduite en obligation contractuelle explicite. Le manquement à cette obligation — typiquement, un logement loué à l’année mais transformé en location saisonnière non déclarée — peut désormais constituer un motif de résiliation du bail, intégré aux cas visés par la clause résolutoire optionnelle.
Cette articulation est l’un des points les plus délicats du dispositif. Le respect de la destination du logement à la résidence principale implique souvent, en amont, l’intervention de la mairie (mise en demeure, contrôle du changement d’usage), avant que le bailleur ne puisse s’appuyer sur ce manquement pour résilier le bail. La question de savoir comment s’articulent concrètement la mise en demeure administrative du maire et la résiliation de plein droit du bail reste ouverte. C’est précisément sur ce terrain que l’on peut s’attendre à ce que la Cour de cassation soit appelée à se prononcer dans les mois qui suivent l’entrée en vigueur du texte.
De nouvelles obligations d’information : téléphone et performance énergétique
Le décret ajoute également deux obligations informatives dans le contrat type : la mention du numéro de téléphone portable des parties, et les informations relatives à la performance énergétique du logement. Sur le premier point, l’objectif affiché est clair — faciliter un contact rapide avec le locataire, notamment pour prévenir les situations d’impayés avant qu’elles ne s’enveniment. Sur le second, il s’agit de poursuivre le mouvement de transparence engagé depuis plusieurs années autour du DPE, désormais pleinement intégré aux documents contractuels obligatoires.
Ces ajouts n’ont rien de spectaculaire pris isolément, mais ils s’inscrivent dans une logique cohérente : rendre la relation locative plus prévisible et plus traçable, aussi bien pour le bailleur que pour le locataire.
Une entrée en vigueur au 1er octobre 2026, à anticiper dès maintenant
Le texte entre en vigueur le 1er octobre 2026 et s’applique aux contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date. Une seconde partie du décret, relative au livre VIII du code de la construction, entre pour sa part en vigueur au 1er janvier 2027.
Pour les gestionnaires et agences, la période qui s’ouvre est avant tout une période d’adaptation opérationnelle : mise à jour des modèles de bail, formation des équipes sur la nouvelle rédaction de la clause résolutoire et de la servitude de résidence principale, ajustement des process de collecte d’informations (téléphone, DPE). Rien d’insurmontable, mais un chantier qui mérite d’être engagé dès maintenant plutôt qu’à la veille du 1er octobre.
Ce qu’il faut retenir
Le décret du 6 juillet 2026 ne bouleverse pas le droit des baux d’habitation : il traduit dans le contrat type des réformes déjà actées par le législateur. Sa portée pratique tiendra surtout à la manière dont la Cour de cassation précisera, dans les mois à venir, les conditions d’application de la clause résolutoire et son articulation avec la servitude de résidence principale — en particulier l’interaction entre l’intervention du maire et la résiliation de plein droit du bail. D’ici là, la prudence reste de mise : une clause résolutoire standardisée n’est pas une clause automatique, et le formalisme de la mise en demeure demeure la clé de sa validité.
Un bail à jour, sans y passer vos soirées
Nouveau contrat type, clause résolutoire à sécuriser, servitude de résidence principale à surveiller, DPE et coordonnées à jour : d’ici le 1er octobre, chaque bailleur devra remettre ses documents en conformité. Imm Shop Gestion s’occupe de cette mise à jour pour vous — modèles de bail actualisés, suivi des procédures en cas d’impayé, et veille juridique continue sur vos locations.
Sources : Légifrance (décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, JORFTEXT000054393114) ; loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 ; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024.
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Publié le 10 mai 2026 — Gestion locative professionnelle · Actualité juridique
Bail commercial : la Cour de cassation renforce les obligations du bailleur sur les charges locatives
Le 29 janvier 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a rendu deux arrêts publiés au Bulletin (n°24-14.982 et n°24-16.270) qui clarifient, de façon définitive, les obligations du bailleur en matière de justification des charges locatives dans un bail commercial. Ces décisions mettent fin à un contentieux récurrent et à des pratiques encore très répandues chez certains bailleurs et gestionnaires.
Le contexte : que dit la loi ?
Depuis la loi Pinel du 18 juin 2014 (art. L.145-40-2 et R.145-36 du Code de commerce), tout bail commercial doit comporter :
Un inventaire précis et limitatif des charges récupérables sur le locataire
Un état récapitulatif annuel transmis au plus tard le 30 septembre de l’année suivante
La possibilité pour le locataire de demander les justificatifs à tout moment
Le texte était clair. La pratique, elle, l’était moins.
Le problème : la « mise à disposition » passive
De nombreux bailleurs — souvent via leurs gestionnaires ou des plateformes internes — avaient pris l’habitude de simplement rendre les factures « disponibles » : consultation sur place, accès à un extranet, envoi d’un tableau récapitulatif. La Cour d’appel de Versailles avait, dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt n°24-14.982, validé cette pratique.
La Cour de cassation a cassé cet arrêt.
Ce que dit désormais la jurisprudence
1. Un récapitulatif ne vaut pas justificatif
Les tableaux de reddition de charges établis par le bailleur ne constituent pas, en eux-mêmes, des justificatifs de charges. Ils doivent être étayés par des pièces objectives : factures, appels de charges de copropriété, contrats de prestataires, etc.
2. La mise à disposition passive est insuffisante
Dès lors que le locataire conteste les charges ou demande expressément les pièces, le bailleur doit les lui adresser activement. Il ne peut pas se contenter de les « tenir à disposition ».
3. Le risque en cas de manquement
Si le bailleur ne transmet pas les justificatifs malgré une demande formelle, sa demande de paiement peut être rejetée par le juge. Un commandement de payer visant la clause résolutoire peut être annulé sur ce fondement.
4. Le retard ne coûte pas tout… mais presque
Le second arrêt (n°24-16.270) apporte une nuance favorable au bailleur : un envoi tardif de l’état récapitulatif annuel n’entraîne pas automatiquement l’obligation de restituer les provisions déjà versées — à condition que le bailleur puisse justifier de l’existence et du montant des charges. Cette preuve peut être rapportée jusqu’en appel.
Ce qui doit changer dans votre gestion
Pratique courante
Conformité post-29 jan. 2026
Envoi d’un tableau récapitulatif annuel
✓ Suffisant pour l’obligation annuelle
Mise à disposition des factures en consultation sur place
✗ Insuffisant en cas de contestation
Accès extranet sans envoi actif des documents
✗ Insuffisant en cas de demande expresse
Transmission effective des factures sur demande
✓ Conforme
Archivage structuré des justificatifs par exercice
✓ Indispensable
Pourquoi confier sa gestion à un professionnel change tout
C’est précisément dans ce type de situation que confier son bien à un gestionnaire professionnel prend tout son sens. Une gestion locative sérieuse implique :
Un archivage rigoureux de l’ensemble des justificatifs, exercice par exercice
Une procédure de réponse aux contestations structurée et traçable
Une veille juridique active pour adapter les pratiques aux évolutions de la jurisprudence
La capacité à produire les pièces devant un juge si le litige va jusqu’au contentieux
En gérant seul votre local commercial, vous assumez l’intégralité de ce risque documentaire. En vous appuyant sur un professionnel, vous vous assurez que chaque demande de justificatif est traitée dans les règles — avant qu’elle ne devienne un dossier.
En résumé
La Cour de cassation du 29 janvier 2026 transforme l’obligation de reddition de charges en un devoir proactif : il ne suffit plus de mettre à disposition, il faut adresser. La rigueur documentaire est désormais un enjeu contentieux à part entière.
Cass. 3e civ., 29 janv. 2026, n°24-14.982
Vous êtes propriétaire d’un local commercial ?
Je vous invite à faire le point sur vos pratiques actuelles de gestion des charges. Un audit simple peut éviter un contentieux coûteux.
Un colocataire part ? La solidarité ne fonctionne pas comme on l’imagine souvent. Voici ce que dit réellement la loi — et ce que ça change concrètement pour vous.
Lecture : 3 min
La solidarité dans un bail colocatif, c’est quoi ?
Dans une colocation avec un bail unique et une clause de solidarité, chaque colocataire s’engage à payer l’intégralité du loyer — pas seulement sa part. Autrement dit, si l’un fait défaut, le bailleur peut exiger le montant total auprès de n’importe lequel des autres signataires.
C’est une protection forte pour le propriétaire. Mais elle a des règles précises, notamment lorsqu’un colocataire décide de quitter le logement.
Que se passe-t-il quand un colocataire part ?
Depuis la loi ALUR de 2014, la solidarité du colocataire sortant est encadrée dans le temps. Il reste engagé envers le bailleur :
jusqu’à la date de fin de son préavis, si un nouveau colocataire prend sa place ;
pendant 6 mois maximum après la fin du préavis, si personne ne le remplace.
⚠ Point souvent mal comprisLes 6 mois de solidarité, c’est la limite imposée au colocataire qui part — pas à ceux qui restent. Les signataires encore présents dans le logement restent solidaires à 100 % du loyer, sans aucune limite de durée.
Concrètement, pour une colocation à 3
Imaginons trois colocataires A, B et C sur un même bail. A décide de partir. Voici comment se répartit la solidarité :
Situation
Qui est solidaire ?
Durée
A quitte le logement
A reste engagé envers le bailleur
6 mois max
B et C restent
B et C doivent couvrir 100 % du loyer
Sans limite
Impayé de loyer
Le bailleur peut réclamer à B, C — ou à A pendant 6 mois
—
Si A n’est pas remplacé, B et C doivent assumer la totalité du loyer dès le départ de A — sans attendre, sans délai. La règle des 6 mois protège uniquement A vis-à-vis du bailleur.
Le rôle du garant
Les garants (ou cautions) de chaque colocataire suivent en principe la même logique que leur colocataire cautionné. La caution du colocataire sortant sera libérée en même temps que lui — au plus tard 6 mois après la fin du préavis. En revanche, les garants des colocataires restants demeurent engagés.
Bonnes pratiques pour les colocataires
Face à ces mécanismes, quelques réflexes simples évitent les mauvaises surprises :
Prévoir un avenant au bail lors de chaque changement de colocataire, pour formaliser l’entrée du nouveau signataire et la libération de l’ancien ;
Ne pas attendre pour trouver un remplaçant — chaque mois sans nouveau colocataire prolonge la solidarité de celui qui est parti ;
Vérifier que le contrat de bail mentionne bien une clause de solidarité explicite : sans elle, chaque colocataire ne doit que sa quote-part.
📌 À retenirLa clause de solidarité protège le propriétaire — pas les colocataires entre eux. Chaque signataire présent reste exposé à 100 % du loyer. La règle des 6 mois concerne uniquement le départ d’un colocataire vis-à-vis du bailleur.