Passoires thermiques : le sursis à la location, une opportunité ou un risque pour les propriétaires-bailleurs ?

Immobilier & Réglementation

Passoires thermiques : le sursis à la location, une opportunité ou un risque pour les propriétaires-bailleurs ?

Le gouvernement vient d’annoncer un report de l’interdiction de louer les logements classés G et F. Une décision attendue par les professionnels de l’immobilier, mais qui appelle une lecture nuancée. Voici ce que tout propriétaire-bailleur doit comprendre.

Ce que l’annonce change concrètement

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au titre du DPE sont officiellement considérés comme indécents. Leur mise en location est — en théorie — interdite.

Le gouvernement vient d’annoncer un sursis assorti de conditions claires :

  • Les logements G pourront continuer à être loués sous condition de réalisation de travaux, avec un délai de 3 ans pour les maisons et 5 ans pour les appartements en copropriété.
  • Les logements F seront concernés à compter de 2028.
  • Les baux en cours et les baux reconduits tacitement sont également visés — le texte de loi doit encore être précisé sur ce point.

À la clé, une mesure d’accompagnement notable : les maisons anciennes dotées d’une passoire thermique pourront désormais bénéficier du dispositif Jeanbrun, une aide à l’investissement locatif jusqu’ici fermée à elles.

Pourquoi les professionnels s’en félicitent

En gestion locative, on le voit au quotidien : forcer des propriétaires à rénover dans des délais impossibles ne produit pas des logements rénovés. Ça produit des logements retirés du marché.

Dans un contexte de tension locative déjà critique — avec des centaines de milliers de logements G et F en location dans le parc privé — c’est la dernière chose dont les locataires ont besoin.

Ce report, s’il est bien encadré, peut permettre une transition réaliste : maintenir des logements disponibles tout en engageant progressivement les travaux nécessaires.

Ce qui reste à clarifier — et les risques à ne pas sous-estimer

Plusieurs zones d’ombre persistent :

  • La loi ne dit pas clairement si tous les logements indécents sont interdits à la location, ou uniquement les nouveaux baux. Le projet de loi doit apporter une clarification.
  • 10 % des logements concernés conservent actuellement un chauffage fossile. La révision annoncée de MaPrimeRénov’ (à partir du 1er septembre 2026) et la restriction sur le chauffage au gaz ajoutent une couche de complexité.
  • Les propriétaires souhaitant bénéficier de MaPrimeRénov’ en rénovation d’ampleur devront s’orienter vers une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse — un investissement conséquent.
⚠️ Risque principal : que ce sursis devienne un prétexte à l’inaction. L’obligation de travaux doit être suivie d’effets. C’est là que le rôle du gestionnaire locatif est essentiel — pour piloter, suivre et documenter les engagements de travaux.

Notre conseil aux propriétaires concernés

Ne pas attendre. Le calendrier est certes assoupli, mais les démarches prennent du temps :

  • Faire réaliser un audit DPE actualisé pour connaître précisément la classe de votre bien.
  • Identifier les travaux prioritaires (isolation, chauffage) en lien avec les exigences de MaPrimeRénov’.
  • Construire un plan de financement : aides de l’État, dispositifs locaux, éco-PTZ.
  • Se faire accompagner par un professionnel de la gestion locative pour anticiper l’impact sur les baux en cours et sécuriser votre conformité.
En résumé
Le sursis annoncé est une bonne nouvelle pour le marché locatif, à condition qu’il soit utilisé à bon escient. Ce n’est pas une invitation à repousser indéfiniment les travaux — c’est une fenêtre pour agir de façon organisée et financée. Les propriétaires qui sauront en profiter renforceront la valeur de leur patrimoine et sécuriseront leurs revenus locatifs pour les années à venir.
Vous êtes propriétaire d’un logement classé F ou G ?
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Héritage bloqué : comment la nouvelle réforme va libérer les successions.

C’est un « cauchemar » bien connu de nombreuses familles françaises : la succession qui s’éternise. Entre les désaccords familiaux et les biens immobiliers qui tombent en ruine faute de décision commune, l’indivision peut devenir un véritable piège financier et émotionnel.

Mais une lueur d’espoir pointe à l’horizon. Le 26 mars dernier, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à simplifier la sortie de l’indivision et la gestion des successions vacantes. Voici ce qu’il faut retenir de cette petite révolution juridique prévue pour début 2027.

1. Un seul héritier pourra débloquer une vente

Jusqu’ici, la règle de l’unanimité régnait en maître, permettant à un seul héritier récalcitrant de bloquer toute transaction. La nouvelle loi change la donne :

  • Vendre seul devient possible : Sous réserve d’une autorisation du tribunal judiciaire, un co-héritier pourra vendre un bien en indivision en cas d’urgence ou si cela sert l’intérêt commun.

  • Objectif : Éviter que le patrimoine immobilier ne se dégrade faute d’entretien ou de moyens pour payer les charges.

2. Le silence ne vaut plus blocage

C’est l’un des piliers de la réforme : mettre fin à l’inertie. Trop de dossiers stagnent simplement parce qu’un héritier ne répond pas aux courriers ou refuse de prendre un avocat.

  • Désormais, si un héritier reste muet ou refuse de participer à la procédure, celle-ci se poursuivra malgré tout.

  • Le silence sera réputé comme un accord, permettant ainsi au juge d’avancer et de rendre une décision qui s’imposera à tous.

3. Le juge reprend le pouvoir pour accélérer le partage

Inspirée par le droit d’Alsace-Moselle (réputé plus fluide), la réforme renforce le rôle du juge et du notaire :

  • Ventes forcées anticipées : Le juge pourra ordonner la mise aux enchères (licitation) des meubles ou des immeubles avant même la décision finale sur le partage.

  • Présence obligatoire : Le binôme juge-notaire verra son action renforcée pour réduire les « contentieux accessoires » qui polluent les tribunaux.

4. Une solution contre les « biens à l’abandon »

La loi ne s’occupe pas seulement des familles, elle aide aussi les communes. Elle facilite l’acquisition par les mairies de biens dits « sans maître » ou en état d’abandon manifeste. Cela permettra de revitaliser les centres-bourgs et de lutter contre la crise du logement en remettant ces biens sur le marché.

Ce qu’il faut retenir pour demain

Si vous êtes actuellement dans une situation de blocage, gardez un œil sur les décrets d’application prévus pour 2026, avec une entrée en vigueur globale prévue pour début 2027. Cette réforme pourrait bien être la clé pour libérer votre patrimoine et apaiser les tensions familiales.

Copropriétés et Airbnb : Ce que change la décision de mars 2026

C’est un tournant majeur pour le marché de la location courte durée en France. Le 19 mars 2026, le Conseil constitutionnel a rendu une décision très attendue qui vient clarifier — et durcir — les règles du jeu pour les propriétaires de meublés de tourisme.

Désormais, les copropriétés disposent d’un outil puissant pour réguler, voire interdire, l’activité de type Airbnb au sein de leurs immeubles. Décryptage de ce qui change pour vous.

Un vote simplifié : La fin de l’unanimité

Jusqu’à présent, interdire les locations touristiques dans un immeuble qui n’avait pas de clause d’exclusion spécifique était un parcours du combattant juridique, nécessitant souvent l’unanimité des voix.

Avec la validation de la loi « Le Meur », le droit bascule :

  • La majorité des 2/3 suffit : Les copropriétaires peuvent désormais voter l’interdiction de la location touristique à la majorité de l’article 26.

  • Sécurité juridique : Les « Sages » ont estimé que cette mesure ne portait pas atteinte au droit de propriété, car elle vise à préserver le calme des résidents et à lutter contre la pénurie de logements permanents.

Qui est concerné ?

Attention, cette interdiction ne frappe pas tout le monde de la même manière :

  1. Les résidences secondaires : Ce sont elles qui sont visées. Si vous possédez un investissement locatif que vous louez exclusivement sur des plateformes, le syndicat peut désormais y mettre fin par un vote.

  2. L’exception de la résidence principale : La loi reste protectrice pour ceux qui louent leur propre logement (dans la limite de 120 jours par an). Cette liberté fondamentale de disposer de son foyer reste, pour l’instant, préservée.

Contrôle renforcé : L’arrivée de l’API Meublés

Le volet juridique s’accompagne d’un volet technique imparable. Dès le 20 mai, la mise en ligne de l’« API meublés » va permettre aux communes de vérifier en temps réel les données de location (adresses, nombre de jours loués).

Fini les numéros d’enregistrement fantaisistes : les plateformes comme Airbnb ou Abritel devront transmettre ces informations directement aux autorités.

Ce que le nouveau budget change pour vous

Le secteur de l’immobilier, en crise depuis plusieurs mois, était l’un des dossiers les plus attendus de ce Projet de Loi de Finances (PLF) 2026. Entre incitations à la rénovation et nouvelles contraintes fiscales, le gouvernement tente de relancer la construction tout en serrant la vis sur certains avantages.

Voici le décryptage des mesures qui vont impacter les propriétaires, les locataires et les investisseurs cette année.

1. Rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ fait peau neuve

L’enveloppe consacrée à la transition écologique reste stable, mais les règles du jeu changent pour plus d’efficacité :

  • Ciblage sur le « Mono-geste » : Contrairement aux années précédentes, le gouvernement réautorise davantage d’aides pour les travaux isolés (changement de chaudière, isolation des combles) afin de ne pas bloquer les ménages ne pouvant pas financer une rénovation globale.

  • Lutte contre la fraude : Les contrôles sur les chantiers sont renforcés, avec des sanctions plus lourdes pour les entreprises labellisées RGE ne respectant pas les normes.

2. Investissement locatif : La fin d’une ère et de nouveaux sursis

Le paysage de l’investissement privé est en pleine mutation :

  • Le sort du Pinel : Comme prévu, le dispositif Pinel a tiré sa révérence. Pour compenser, le gouvernement introduit un « sursis fiscal » pour les programmes engagés avant fin 2025.

  • Meublés touristiques (type Airbnb) : La fiscalité se durcit encore. L’abattement forfaitaire pour les locations de courte durée est désormais aligné sur celui de la location nue (30 %) dans les zones tendues, afin de favoriser la location longue durée pour les résidents permanents.

3. Accès à la propriété : Le PTZ généralisé ?

C’est la grande annonce pour les primo-accédants :

  • Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) pour tous : Face à la difficulté d’accès au crédit, le PLF 2026 acte l’extension du PTZ sur tout le territoire (et non plus seulement en zones tendues) pour l’achat d’un logement neuf ou ancien avec travaux.

  • Quotité de financement : La part du projet finançable par le PTZ est maintenue à son niveau de 2025, permettant de solvabiliser des milliers de dossiers auparavant refusés par les banques.

4. Fiscalité locale et droits de mutation

  • Taxe foncière : Après des hausses records en 2024 et 2025, la revalorisation des valeurs locatives est limitée à 1,1 % pour 2026, suivant l’inflation.

  • Droits d’enregistrement (frais de notaire) : Pour donner de l’air aux départements, ces derniers sont autorisés à relever légèrement leur part des droits de mutation (jusqu’à 0,5 point supplémentaire) sur les transactions de résidences secondaires uniquement.

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